L'action du groupe vaudois a été secouée à la suite d'annonces de la chaîne de télévision allemande Premiere, l'un de ses gros clients.

Kudelski a dégringolé hier à la Bourse suisse. Après avoir démarré la journée par un plongeon d'environ 15%, l'action du groupe vaudois a clôturé en forte baisse (-13%) à 16 fr. 90.

Le destin du titre a été de nouveau lié à la chaîne de télévision allemande Premiere, un important client de Kudelski. Le groupe de Munich a en effet publié hier des résultats 2007 provisoires, grevés par un problème de piratage du système de cryptage fourni par le groupe vaudois.

Suite aux attaques de hackers, la chaîne estime que son activité a été influencée par le succès commercial de décodeurs illégaux permettant de capter ses programmes. «Premiere et Nagravision, la filiale de Kudelski, sont en train de chercher consensuellement et confidentiellement une solution à propos de la compensation du dommage», indique Torsten Fricke, porte-parole du groupe allemand, sans confirmer cette information.

De son côté, Kudelski relève que le problème de piratage était connu et qu'il est sous contrôle. «Les cartes sont arrivées en bout de vie et il faut les changer. Nous préparons donc un échange pour le deuxième trimestre qui a un coût de moins de 10 millions», explique un porte-parole de Kudelski en précisant que ce remplacement entre dans le business-model. Craintes renforcées

D'autres facteurs ont pesé sur le titre: «Cette annonce sur le piratage a été amplifiée hier par le fait que Goldman Sachs a dégradé son rating sur Kudelski mardi soir, relève par ailleurs Yan Marcotte, analyste chez LODH. Cela a provoqué un double effet négatif alors que le sentiment sur Kudelski n'est pas fort.» En raison de l'entrée de la société News Corp., de Rupert Murdoch, dans le capital de Premiere, des analystes estiment que Kudelski pourrait perdre ce client au profit de son concurrent NDS, qui appartient à News Corp. «Or Premiere contribue à l'EBIT de Kudelski à hauteur de 10% environ», note Ulrich Kaiser, analyste au Credit Suisse.

Cette crainte est infondéeassure Kudelski, qui rappelle que le contrat signé court jusqu'en 2012. «Nous nous concentrons actuellement sur le trou dans le système de sécurité. La question du partenaire est secondaire et n'est pas encore décidée», note pour sa part le porte-parole de Premiere.