Licencié de la banque à la suite de la découverte de ses agissements, le jeune homme, devenu l'objet des attentions des médias du monde entier, a depuis, été placé sous protection policière à la demande du ministère des Finances.

Les magistrats soupçonnent Jérôme Kerviel d'avoir pulvérisé le plafond des engagements autorisés par la banque en les masquant notamment par des opérations fictives.

En garde à vue, il a reconnu devant les policiers avoir produit de faux courriels de confirmation de position. Il est également soupçonné d'avoir détourné des codes d'accès informatiques pour dissimuler ses prises de position.

Parmi les questions en suspens figurent celles concernant le contrôle des traders et d'éventuelles "tolérances" de la hiérarchie sur le volume de leurs opérations.

"Je ne peux croire que ma hiérarchie n'avait pas conscience des montants que j'engageais", avait affirmé le trader devant les policiers, laissant entendre que ses supérieurs fermaient les yeux sur ses agissement tant qu'il "générait du cash".

L'enquête judiciaire n'est en revanche pas étendue, en l'état du dossier, au chef de "délit d'initié", en dépit des annonces de dépôts de plaintes par des petits actionnaires.

Quatre plaintes pénales ont été enregistrées dans l'affaire de cette perte record de 4,82 milliards d'euros de la Société Générale depuis le début de l'affaire.

L'avocat Me Frédéric-Karel Canoy, à l'origine de trois des quatre procédures, a par ailleurs assigné lundi au civil la banque devant le tribunal de grande instance de Paris pour obtenir réparation du "préjudice matériel et moral" des actionnaires de la banque.