Pour les industriels de l'association AMTAC, qui avancent que la moitié du déficit américain dans les biens manufacturés est généré par la Chine, le déficit commercial vis-à-vis de ce pays "échappe à tout contrôle".

L'association a réclamé une nouvelle fois la fin de la "subvention illégale" que constitue, selon elle, le bas niveau de la monnaie chinoise.

Alors que les prix du pétrole battaient des records, le déficit avec les pays de l'Opep s'est logiquement creusé lui aussi (+17,9%, à 124,2 milliards).

En revanche, le déficit s'est réduit l'an dernier avec les pays dont la monnaie s'est appréciée face au dollar, notamment le Canada (-10,6%, à 64,2 milliards) et l'Union européenne (-7,8%, à 107,4 milliards).

Il s'est surtout réduit avec l'Allemagne (-6,4%, à 44,7 milliards) et la Grande-Bretagne (-18,6%, à 6,6 milliards), mais il a augmenté envers la France (+10,6 milliards de dollars, à 14,2 milliards) et l'Italie (+3,9%, à 20,9 milliards).

L'économiste Peter Morici, de l'Université du Maryland, relève qu'en dépit du mieux de 2007, le déficit commercial représente encore 5,1% du Produit intérieur brut américain (PIB).

Et la situation devrait empirer, selon lui, dans les mois à venir: les prix du pétrole devraient rester élevés et la faiblesse du yuan et du yen devrait favoriser les importations d'automobiles et de biens de consommation. Pour le Pr Morici, le dollar est encore "surévalué" de 40% à 50% vis-à-vis de la monnaie chinoise et des principales devises asiatiques.

Pour le seul mois de décembre, le déficit s'est établi à 58,8 milliards de dollars contre 63,1 milliards en novembre. C'est mieux que ne l'attendaient les analystes qui tablaient sur un trou de 61,5 milliards.

L'amélioration s'explique par une hausse de 1,5% des exportations, à 144,3 milliards de dollars, couplée à une baisse de 1,1% des importations à 203,1 milliards. Les Américains ont vendu plus de biens d'équipement (+2 milliards), alors qu'ils réduisaient drastiquement leurs achats de voitures (-2,1 milliards).

Au total, la balance non pétrolière a affiché son plus faible déficit depuis novembre 2003. Mais le pétrole a continué de peser sur les comptes - avec un prix à l'importation record de 82,76 dollars - ce qui fait que le déficit pétrolier s'est établi à un plus haut historique de 31,5 milliards de dollars.

Pour Peter Kretzmer, économiste à Bank of America, cette réduction plus forte que prévu est positive pour la croissance, évaluée en première estimation à 0,6% en rythme annuel au quatrième trimestre.

Mais d'autres facteurs négatifs devraient faire que la révision à venir des chiffres du PIB au quatrième trimestre devrait être modeste, voire nulle, avance M. Kretzmer.