Les banques suisses attisent toutes les rumeurs
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, jeudi 14 février 2008 à 17:15 :: Banques :: #848 :: rss
Bruits de rachat sur Julius Baer, suspicion de cachotteries au Credit Suisse, les actionnaires d'UBS sous pression enfin. Le calme peine à revenir sur la place financière helvétique.
Hier, le nouveau patron du Credit Suisse, Brady Dougan, a eu une parole malheureuse lors de la conférence de presse annuelle sur les résultats 2007: «Nous ne parlerons pas du premier trimestre 2008, car l'environnement, difficile, devrait perdurer à court terme.» Sous-entendu: silence radio total, au revoir et à bientôt. Le Credit Suisse comme prévu - a pourtant réussi à tirer son épingle du jeu en présentant pour l'année écoulée un bénéfice de 8,55 milliards de francs, en hausse de 3%, malgré des corrections de valeur de 3,5 milliards de francs l'an dernier, consécutifs à la crise des subprime.
L'action du Credit Suisse joue au yo-yo
Grâce au private banking qui a engrangé un peu plus de 50 milliards de francs d'argent frais en 2007 , le Credit Suisse bat dès lors à plate couture son concurrent UBS, qui terminera l'année avec une perte sèche de 4,4 milliards de francs et qui tiendra, demain, sa conférence de presse annuelle. Le groupe Credit Suisse devrait dès lors avoir le sourire aux lèvres, lui qui, ces dernières années, s'est toujours retrouvé relégué au rôle de second couteau face à une UBS triomphante.
Et pourtant... Hier, son titre a joué au yo-yo durant toute la journée. La Bourse a, en effet, peu apprécié le manque de visibilité à moyen terme de la deuxième banque suisse. «Ce ne sont pas les résultats qui sont intéressants, résume ainsi Peter Thorne, analyste chez Helvea (Pictet). Mais la volonté du Credit Suisse de nous rassurer sur l'état de ses comptes et sa capacité à prouver aux marchés que le plus dur est passé.» Dès lors, dans le climat d'incertitude, voire d'opacité actuelle qui entoure les grandes banques mondiales, tout est sujet à discussion, sanctions, rémissions brèves puis lourdes rechutes. Et pour cause. Comme l'a réclamé le G7 ce week-end (lire ci-dessous), les acteurs économiques se demandent ainsi toujours quelles casseroles recèlent encore les instituts de crédits de la planète.
Un rachat de Julius Baer?
En ce sens, les propos dilatoires du patron du Credit Suisse Brady Dougan ne pouvaient que dégoûter des investisseurs avides de certitudes. La tempête même sévère et qui devrait coûter 400 milliards de dollars de pertes aux banques est-elle derrière nous? Se déroule-t-elle encore, mais sans trop de craintes, car les canoës de sauvetage sont solides et déployés? Ou chante-t-on «Plus près de Toi, mon Dieu», tels les naufragés du Titanic
Hier, une autre grande banque suisse a fait l'objet des spéculations les plus folles, à savoir Julius Baer, première banque privée de Suisse, propriétaire depuis deux ans de la genevoise Ferrier Lullin. Le titre s'est ainsi envolé de près de 5% durant la journée, car des rumeurs couraient les Bourses, selon lesquelles Baer serait prochainement rachetée par le géant américain Goldman Sachs. La banque privée, il est vrai, a publié un bénéfice net 2007 en hausse de 31% (24 heures d'hier). «Avec la crise des subprime, explique ainsi ce courtier genevois, les investisseurs commencent à migrer vers des entités plus petites et moins exposées.» Comme Julius Baer ou d'autres banques privées suisses.

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