Et pourtant... Hier, son titre a joué au yo-yo durant toute la journée. La Bourse a, en effet, peu apprécié le manque de visibilité à moyen terme de la deuxième banque suisse. «Ce ne sont pas les résultats qui sont intéressants, résume ainsi Peter Thorne, analyste chez Helvea (Pictet). Mais la volonté du Credit Suisse de nous rassurer sur l'état de ses comptes et sa capacité à prouver aux marchés que le plus dur est passé.» Dès lors, dans le climat d'incertitude, voire d'opacité actuelle qui entoure les grandes banques mondiales, tout est sujet à discussion, sanctions, rémissions brèves puis lourdes rechutes. Et pour cause. Comme l'a réclamé le G7 ce week-end (lire ci-dessous), les acteurs économiques se demandent ainsi toujours quelles casseroles recèlent encore les instituts de crédits de la planète.

Un rachat de Julius Baer?
En ce sens, les propos dilatoires du patron du Credit Suisse Brady Dougan ne pouvaient que dégoûter des investisseurs avides de certitudes. La tempête   même sévère et qui devrait coûter 400 milliards de dollars de pertes aux banques   est-elle derrière nous? Se déroule-t-elle encore, mais sans trop de craintes, car les canoës de sauvetage sont solides et déployés? Ou chante-t-on «Plus près de Toi, mon Dieu», tels les naufragés du Titanic

Hier, une autre grande banque suisse a fait l'objet des spéculations les plus folles, à savoir Julius Baer, première banque privée de Suisse, propriétaire depuis deux ans de la genevoise Ferrier Lullin. Le titre s'est ainsi envolé de près de 5% durant la journée, car des rumeurs couraient les Bourses, selon lesquelles Baer serait prochainement rachetée par le géant américain Goldman Sachs. La banque privée, il est vrai, a publié un bénéfice net 2007 en hausse de 31% (24 heures d'hier). «Avec la crise des subprime, explique ainsi ce courtier genevois, les investisseurs commencent à migrer vers des entités plus petites et moins exposées.» Comme Julius Baer ou d'autres banques privées suisses.