2e synthèse actualisée

Zurich (AWP/ats) - L'UBS, entraînée dans la crise des marchés financiers depuis neuf mois, doit renflouer ses caisses par une nouvelle recapitalisation. Le numéro un bancaire suisse s'attend à une perte de 12 milliards de francs au 1er trimestre. Son président Marcel Ospel quitte le navire.

Les conditions se sont détériorées dans les positions à risques lors des trois derniers mois, particulièrement en mars, a averti mardi l'UBS. L'établissement a affiché de nouvelles dépréciations de 19 milliards de dollars au 1er trimestre. Au total, la banque a déjà déprécié pour plus de 37 milliards de dollars depuis l'automne.

L'UBS a cependant réduit son exposition dans le subprime à 15 milliards de dollars de janvier à mars. Ces positions se montaient encore à 27,6 milliards à fin décembre.

Touché de plein fouet, le secteur de la banque d'investissement devrait boucler le 1er trimestre sur une perte avant impôts de 18 milliards de francs. De nouvelles suppressions d'emplois seront inévitables, a annoncé Marcel Rohner, patron de l'UBS, en conférence téléphonique. Leur ampleur sera précisée ultérieurement.

Si la division de gestion d'actifs a enregistré des sorties d'argent, celle de gestion de patrimoine et la banque d'affaires ont vu affluer des fonds nouveaux. Mais M. Rohner estime que l'UBS devrait renouer avec les bénéfices en 2009.

En attendant, la banque doit procéder à une nouvelle augmentation de capital destinée à lever 15 milliards de francs. La décision sera soumise à l'approbation de l'assemblée générale du 23 avril à Bâle. La souscription, sécurisée par quatre banques internationales, sera ouverte à tous les actionnaires.

L'augmentation de capital fera de l'UBS l'une des banques les mieux capitalisées du monde, a estimé M. Rohner. Elle renforcera aussi le ratio BRI de catégorie 1 à près de 10,6%.

Cette recapitalisation fait suite à celle acceptée en février par l'assemblée générale extraordinaire. Treize milliards de francs avaient été levés auprès du fonds d'Etat singapourien GIC et d'un investisseur du Moyen-Orient anonyme sous la forme d'un emprunt convertible.

L'UBS va également créer une unité séparée pour les positions liées à l'immobilier américain. L'idée est de réduire le risque d'un impact négatif sur les activités clés du groupe.

Dans un premier temps, l'unité sera entièrement détenue et financée par la banque. Elle pourrait toutefois faire l'objet d'un spin-off ou être cédée à un investisseur, a estimé M. Rohner.

Marcel Ospel, président du conseil d'administration depuis 2001, a choisi le jour de la publication de l'ordre du jour de l'assemblée générale pour annoncer son départ. Jusqu'ici, il martelait son intention de rempiler pour un an. La décision a été prise dans la nuit de lundi à mardi, indépendamment des pressions subies depuis plusieurs mois, a-t-il déclaré à la presse.

Le Bâlois estime avoir assumé sa responsabilité et apporté les solutions pour sortir de la crise. La banque est désormais sur les bons rails, selon lui. Peter Kurer a été désigné pour lui succéder. Conseiller général de la banque, cet avocat de 59 ans a rejoint l'UBS en 2001 et fait partie de la direction générale.

La plupart des analystes ont salué le départ de M. Ospel. Certains estiment cependant que la nomination de M. Kurer est une solution transitoire.

La Commission fédérale des banques s'est quant à elle montrée confiante dans la capacité de ce dernier à assurer l'avenir de la banque. Elle était au courant depuis début mars d'une éventuelle recapitalisation supplémentaire.

A la Bourse suisse, l'UBS a vu son action - qui a perdu plus de 50% de sa valeur depuis l'automne - décoller. Vers 16h30, le titre atteignait son plus haut, gagnant 13,20% à 32,65 francs.

L'action du Credit Suisse progressait dans le même temps de 6,8% à 54 francs dans un SMI en hausse de 3,3%. La deuxième grande banque helvétique est moins touchée par la crise, mais elle a déjà averti que son premier trimestre ne sera pas rentable en raison des difficultés du marché en mars.

ats/rp

(AWP/01 avril 2008 17h01)