GOUVERNENENT FRANÇAIS
François Fillon s'empare de Matignon
Un proche du président français Nicolas Sarkozy, François Fillon, a été nommé hier premier ministre. Il s'est engagé à promouvoir «une politique nouvelle» dans le respect des engagements pris.

François Fillon, un juriste de 53 ans, succède à Dominique de Villepin. Réformateur discret et avocat du gaullisme social, il voit récompenser un soutien sans faille au président de la «rupture», qu'il a rallié en 2004 autant par conviction que par rancœur envers les chiraquiens.

«Les élections présidentielles ont amené nos concitoyens à choisir une politique nouvelle. C'est mon devoir, c'est mon mandat», a déclaré François Fillon après sa nomination. «Je respecterai tous les engagements que nous avons pris, parce que la rénovation de la vie politique est à ce prix», a-t-il poursuivi, mettant en avant la «volonté d'ouverture» du nouveau président.

François Fillon était le conseiller politique de Nicolas Sarkozy depuis 2004. Il avait été écarté du gouvernement en juin 2005, où il avait notamment occupé les postes de ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (2002-2004) et de l'Education nationale (2004-2005).

Une brève cérémonie, sans chaleur, a marqué la passation des pouvoirs entre François Fillon et Dominique de Villepin à l'hôtel Matignon.

Décrit comme un «fin négociateur», François Fillon est considéré comme l'artisan incontournable des réformes économiques et sociales que le nouveau président veut rapidement mettre en œuvre. Le nom du nouveau premier ministre est surtout associé à une vaste réforme des retraites, conduite en 2003 et dénoncée par la gauche.

La composition du nouveau gouvernement devrait être annoncée ce matin. Nicolas Sarkozy a promis une équipe resserrée de quinze membres, avec autant de femmes que d'hommes - une première en France -, ouverte à des centristes et à des personnalités de gauche.

L'ex-ministre socialiste Bernard Kouchner a été reçu hier par le premier ministre fraîchement nommé. Sa nomination aux Affaires étrangères apparaissait quasi certaine.

Jean-Louis Borloo prendrait un portefeuille regroupant stratégie économique, emploi et entreprises. L'ex-premier ministre Alain Juppé prendrait la tête d'un pôle environnement, développement durable et transport. Il devrait être le numéro deux du gouvernement.

Michèle Alliot-Marie, ex-ministre de la Défense, est annoncée à au Ministère de l'ntérieur et Rachida Dati, dont les parents sont originaires du Maghreb et qui a été porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, au Ministère de la justice. Brice Hortefeux prendrait pour sa part le Ministère de l'immigration et de l'identité nationale.