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vendredi 1 décembre 2006 à 19:13 :: Economie
Chine: trois ans de prison en appel pour un collaborateur du New York Times
PEKIN (AFP)
Guan Anping, l'un des deux avocats du collaborateur chinois du New York Times, Zhao Yan, le 25 août 2006 à Pékin© AFP/Archives Goh Chai Hin
Un collaborateur chinois du quotidien américain New York Times à Pékin, Zhao Yan, a été condamné vendredi en appel à trois ans de prison pour fraude, a indiqué un de ses avocats.
"Le jugement a été confirmé, nous le regrettons", a déclaré Guan Anping à l'AFP à sa sortie du tribunal.
Détenu depuis deux ans et accusé d'avoir divulgué des "secrets d'Etat", Zhao Yan, 44 ans, avait été condamné le 25 août à trois ans de prison, mais pour "fraude" uniquement, un verdict accueilli comme une "victoire" par la défense.
Les autorités l'accusent notamment d'avoir volé de l'essence à un paysan en 2001, une accusation que la défense estime être un prétexte.
En première instance, le tribunal avait aussi condamné Zhao à une amende de 2.000 yuans (250 dollars) et à rembourser 20.000 yuans qu'il aurait acquis de manière frauduleuse.
L'ancien assistant du New York Times à Pékin, qui a toujours clamé son innocence, avait été arrêté le 17 septembre 2004, quelques jours après que le quotidien américain eut annoncé que l'ancien numéro un chinois Jiang Zemin allait quitter ses fonctions à la tête de l'armée.
"Nous pensons que le jugement en première instance et celui en appel violent la loi chinoise (...), j'estime que ce cas n'a pas été traité selon la loi et qu'il ne correspond pas à l'engagement des dirigeants chinois de respecter les critères internationaux", a déclaré l'avocat de Zhao qui n'a pas été autorisé à assister à la brève audience de vendredi.
En mars, peu avant la visite du président Hu Jintao aux Etats-Unis, le tribunal avait indiqué qu'il abandonnerait les poursuites à l'encontre de Zhao Yan. Mais, un mois plus tard, la juridiction faisait machine arrière et décrétait la relance de la procédure.
Placés sous le contrôle étroit du Parti communiste au pouvoir, les médias chinois sont soumis à une forte censure politique.
Les journalistes qui se risquent à dépasser les limites fixées par le régime s'exposent à de lourdes sanctions, y compris pénales.
La condamnation de Zhao intervient quelques jours après celle d'un journaliste de Hong Kong incarcéré depuis plus d'un an en Chine pour "espionnage" au profit de Taïwan.
Ching Cheong, 56 ans, ancien correspondant du quotidien singapourien The Straits Times à Hong Kong, a été condamné à cinq ans de prison.
© AFP Agence France-Presse