Toutefois, GM a indiqué que cette réévaluation "n'a aucun impact sur les liquidités" du groupe ni "ne présage d'un changement de perspectives financières à long-terme pour l'activité automobile".

En tout état de cause, cette charge colossale va faire replonger très loin dans le rouge le résultat net de GM, qui avait commencé depuis le début de l'année à recueillir les bienfaits de plus d'un an de restructuration. Sur l'année 2005, au plus fort de la crise que traverse le constructeur, le groupe avait accusé une perte nette de 10,6 milliards de dollars.

Avant la publication du communiqué de GM mardi soir, les analystes s'attendaient à une perte par action de 11 cents au troisième trimestre. Cette estimation s'entend hors exceptionnels et est calculée par action seulement, rendant pour l'heure difficile d'anticiper le montant exact de la perte nette, exceptionnels inclus, que s'apprête à publier GM mercredi.

A la Bourse de New York, l'action GM perdait 2,93% à 35,10 dollars après cette annonce surprise, lors des échanges électroniques suivant la clôture de la séance.

Cette mauvaise nouvelle survient alors que le constructeur a, ces derniers trimestres, affiché des avancées régulières pour sa sortie de crise, fermant plusieurs usines nord-américaines et supprimant plus de 40.000 emplois depuis les débuts de sa restructuration, fin 2005.

Sur les six premiers mois de 2007, GM a dégagé un bénéfice net cumulé de 950 millions de dollars environ, après une perte annuelle de 1,9 milliard en 2006 et de 10,6 milliards en 2005.

Dernière bonne nouvelle en date, le groupe a bouclé en octobre un accord avec le syndicat de branche UAW sur un nouveau contrat salarial collectif de quatre ans, qui prévoit des concessions salariales destinées à réduire encore les coûts fixes, en vue d'un retour durable aux bénéfices.

GM, tout comme les autres constructeurs automobiles américains Ford et Chrysler, affronte la concurrence des constructeurs asiatiques aux Etats-Unis, des groupes à la structure de coûts plus allégée et aux véhicules prisés des consommateurs.

Les trois constructeurs automobiles historiques des Etats-Unis ont perdu à eux trois 25 milliards de dollars depuis 2005 et ne détiennent plus que 50% du marché américain.

Selon les détracteurs des "Big Three" américains, ni GM, ni Ford ni Chrysler n'ont su anticiper à temps la montée en puissance de leurs rivaux étrangers, au tournant des années 2000, ce qui a conduit à de vastes restructurations chez chacun des trois constructeurs et à une remise en question tardive des modèles de véhicules mis sur le marché.

(©AFP / 07 novembre 2007 01h56)